Les paysans gazaouis sont au carrefour de deux oppressions majeures : petits paysans, ils font face à l’offensive mondiale visant à décrédibiliser l’apport de l’agriculture familiale, à éradiquer les petits paysans de leurs terres, pour grossir la main-d’œuvre urbaine corvéable sans droits. Palestiniens, ils vivent sous occupation depuis 3/4 de siècle, et depuis une vingtaine d’années sous un blocus moyenâgeux, culminant depuis l’automne 2023 en un massacre systématique. Être solidaire avec les paysans de la Bande de Gaza, c’est briser l’interdiction de produire décrétée par l’occupant, et c’est remettre sur le devant de la scène la population elle-même, ceux qui sont là, deux millions de personnes, dont la survie dépend en partie, l’aide humanitaire étant toujours essentiellement interdite d’accès (déni frontal, d’une extrême brutalité, du droit humanitaire international), des apports en produit frais que les agriculteurs s’efforce de cultiver coûte que coûte. Comment, mois après mois, une population fait face, collectivement, pendant plus de deux années, à un génocide, et comment ceux qui peuvent la nourrir maintiennent leurs terres en culture dès que des lambeaux de terres agricoles leur sont accessibles ?